Publié le 05.10.16 dans Blog, Jaguar, Publié sur accueil
L'odyssée Jaguar

L'odyssée Jaguar

Lorsque Williams Lyons et William Walmsley se découvrirent à la fois voisins dans un quartier résidentiel de Blackpool et passionnés de motos, savaient-ils qu’ils allaient initier ensemble un nouvel opus dans la construction d’automobiles ? Nul ne le saura sans doute jamais. Mais force est de constater que la combinaison de leurs talents respectifs a donné naissance à l’une des marques les plus prestigieuses : la marque Jaguar...

 

William Lyons était un jeune homme de bonne famille qui résidait dans un quartier de Blackpool en Angleterre, lorsqu’il fit la connaissance de William Walmsley, autre jeune homme venu s’installer en face de chez lui. Passionnés tous deux de motos, c’est tout naturellement que s’établit entre eux une amitié solide puis qu’ils participèrent, ensemble, à des courses dans la région. A cette époque Lyons construisait un side-car élégant, aux lignes fuselées, dans le but d’emmener ses petites amies en promenade. Mais devant le franc succès du projet, les deux amis décidèrent de s’associer pour lancer la commercialisation d’une petite production sous la marque Swallow Side cars. Nous sommes en 1922…

 

A peine quelques années plus tard (1927) la marque, forte d’une réputation et d’un succès grandissants, se lance dans la fabrication de carrosseries élégantes pour l’Austin Seven. Viendront ensuite les robes des Morris Cowley, Fiat 509A, Swift Nine Big Nine standard notamment. Swallow Side cars s’appellerait dorénavant Swallow Sidecar and Coachbuilding Co, cette dernière prenant dès 1928 ses quartiers à Coventry : le mythique Browns Lane.

browns-lane

Mais Lyons ne se contenterait pas de ne construire que des carrosseries : il comptait produire une voiture élégante et performante, à un prix soigneusement étudié. La SS1 fit sa toute première apparition au salon de l’automobile de Londres en 1931 où elle fit sensation : un moteur 6 cylindres, une carrosserie basse, un long capot, des roues à rayons, un compartiment passagers luxueux, mêlant avec talent le cuir et le bois. L’ADN de la future marque Jaguar apparaissait au grand jour, associant luxe, performances et prix étudié au plus juste en comparaison de la haute qualité de fabrication. En 1933 naquit ainsi SS Cars Ltd dont Lyons rachètera la totalité des parts de son ami et associé Walmsley, trois ans plus tard, afin de demeurer seul maître à bord.

old-ss1-jaguar

En 1934, Harry Weslake rejoignit l’entreprise dont la réputation ne serait dorénavant plus à faire. Weslake était ingénieur conseil, un expert de talent auquel Lyons confia la mission de mettre en place un service d’ingénierie. Le fruit de cette collaboration ne se fit pas attendre, et c’est ainsi que sortit l’extraordinaire roadster SS100 en 1935, puis une Berline 2.5 litres en 1937. C’est pour cette Berline que sera utilisé, la toute première fois, le nom de Jaguar.

 

Si pendant la seconde guerre mondiale l’activité des industries était entièrement tournée vers l’effort de guerre, les recherches sur les moteurs à venir se poursuivaient avec force d’ingéniosité. La XK120 fera un triomphe au salon de l’automobile londonien de 1938, avec son moteur XK : 6 cylindres puissants, une carrosserie superbe et 201km/h en démonstration pour couronner le tout. Cette XK120 deviendrait l’une des voitures les plus célèbres dans le Monde. Pendant les 15 années qui suivront, la marque Jaguar sera portée par un succès sans précédent : la berline Mark VII et ses 5 places, la XK140 propulsée grâce à ses 192 ch, la première berline compacte monocoque MkII, le roadster XK150 notamment ; et ce, jusqu’à la Type E en 1961.

xk140-jaguar

De 1968 à 1985 Jaguar traversera de longs, sombres et périlleux déboires, suite - entre autres - au retrait progressif de Williams Lyons à compter de 1966. Et pourtant, grâce à John Egan qui en sera le président de 1985 à 1990, puis au rachat de la marque par Ford en 1989, Jaguar n’a plus jamais dérogé à son talent et à sa réputation en matière de performances, de luxe, de fiabilité et d’innovation.

 

William Lyons disparaîtra en février 1985, mais son génie demeure quant à lui intact.

Partager